Ford face à une baisse spectaculaire : analyse d'une chute libre
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Ford face à une baisse spectaculaire : analyse d’une chute libre

Ford est actuellement confronté à une baisse spectaculaire de ses performances sur le marché automobile européen, une chute libre qui interpelle tant par son ampleur que par ses conséquences. Cette analyse met en lumière les faits marquants de cette situation critique :

  • Une perte de parts de marché drastique en Europe avec une division par deux en dix ans.
  • De lourdes fermetures d’usines et des milliards d’euros de pertes liés à la transition électrique.
  • Un virage stratégique inédit reposant sur des partenariats industriels avec des acteurs majeurs du secteur.
  • Une performance financière en dents de scie, contrastant avec une dynamique américaine plus favorable.

Ces éléments clés posent les bases pour comprendre la situation actuelle de Ford et son plan ambitieux pour redresser la barre face à la concurrence féroce qui s’intensifie en 2026.

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Ford décroche en Europe : une plongée dans la baisse spectaculaire de ses ventes

Sur le continent européen, Ford fait face à une chute remarquable de sa part de marché dans le secteur automobile. Avec 426 307 véhicules immatriculés en 2024, le constructeur a enregistré une baisse de 17 % par rapport à l’année précédente. Ce recul se prolonge en 2025, Ford ne représentant plus que 3,5 % du marché européen, contre 7,4 % en 2014. Cette évolution s’accompagne d’une contraction plus marquée en France, où les immatriculations ont chuté de 23 % au premier semestre 2025, ne totalisant plus que 26 605 voitures particulières et une part de marché de 2,43 %.

Tandis que l’Europe marque le pas, les ventes de Ford aux États-Unis suivent une trajectoire inverse, avec une progression de 6 % en 2025 et une part de 13,2 %, traduisant une dynamique positive sur le marché domestique américain. Cette divergence souligne le phénomène d’une marque qui se rétracte en Europe, au profit d’autres acteurs locaux ou internationaux, dans un contexte où la concurrence s’intensifie.

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Une gamme de modèles épurée, victime collatérale de la transition électrique

Le déclin de Ford en Europe coïncide avec l’arrêt progressif de plusieurs modèles historiques qui ont longtemps assuré la visibilité de la marque. Par exemple, la Fiesta, autrefois vendue à 10 000-15 000 unités par an en France, a vu sa production cesser à Cologne à l’été 2023. Des modèles tels que la Ka, l’EcoSport, la Mondeo, le Galaxy ou le S-Max avaient déjà disparu ces dernières années, laissant une gamme plus restreinte et souvent positionnée sur des segments premium ou électriques.

En 2025, la gamme restante en Europe se limite entre autres au Puma Gen-E, au Mustang Mach-E, à l’Explorer électrique, au Capri électrique, au Kuga, et aux versions hybrides ou électriques des Mustang et Explorer. Malgré des efforts tarifaires, comme la baisse du prix de l’Explorer de 43 900 à 39 990 euros, ces modèles ne compensent pas la perte de volume. Par comparaison, le Volkswagen ID.4 s’est vendu à 40 335 unités sur le même semestre, tandis que l’Explorer en a écoulé 18 822.

Dix milliards de pertes et la fermeture de plusieurs usines européennes

Les résultats financiers illustrent la difficulté du groupe à absorber le coût de cette transition vers l’électrique. La division Model e, dédiée à l’électrique, a enregistré près de 10 milliards de dollars de pertes en 2024 et 2025 réunis. En 2025, une charge exceptionnelle de 19,5 milliards de dollars, liée à la révision et à l’abandon de certains programmes électriques, a entraîné une perte nette globale de 8,2 milliards de dollars, malgré un chiffre d’affaires record de 187,3 milliards.

La fermeture de l’usine de Saarlouis en novembre 2025, après 15,6 millions de véhicules produits en 55 ans, illustre symboliquement cette désindustrialisation progressive. Avec 2 700 emplois disparus, ainsi que la disparition de sites à Genk (Belgique), Bordeaux-Blanquefort (France) et Bridgend (Pays de Galles), Ford détient le triste record du constructeur connaissant le plus grand nombre de fermetures en Europe sur deux décennies. En novembre 2024, 4 000 suppressions d’emplois supplémentaires ont été annoncées pour les années à venir, notamment en Allemagne et au Royaume-Uni.

Un plan stratégique inédit : l’alliance industrielle pour survivre au marché européen

Le nouveau plan « Ready, Set, Ford », dévoilé en mai 2026 à Salzbourg par Jim Baumbick, récemment nommé président de Ford Europe, marque un tournant majeur dans la stratégie du groupe. Avec sept nouveaux modèles prévus d’ici 2029, Ford abandonne l’idée de produire ses véhicules dans ses propres usines européennes pour s’appuyer sur des partenariats industriels forts :

  • Volkswagen fournit la plateforme MEB utilisée pour l’Explorer et le Capri.
  • Renault produit deux petites voitures électriques badgées Ford sur sa plateforme AmpR Small dans le nord de la France, avec des caractéristiques prometteuses comme 400 km d’autonomie et un prix d’entrée fixé autour de 25 000 euros.
  • Jiangling Motors Corporation (JMC) assemble le Transit City électrique urbain commercialisé en Europe, offrant une alternative abordable aux fourgons traditionnels.
  • Geely discute de la production dans son usine espagnole, notamment pour des citadines électriques afin d’éviter les droits de douane élevés sur les importations.

Cette politique repose également sur un mix énergétique diversifié : électrique pur, hybrides classiques et rechargeables, ainsi que des hybrides à prolongateur d’autonomie.

Une analyse des perspectives à court terme sur le marché automobile européen

Les premiers modèles issus de ce plan arriveront au plus tôt en 2027, ce qui impose à Ford de gérer une gamme réduite dans un marché européen globalement en croissance (+1,8 % en 2025). Pendant ce temps, des concurrents comme BYD, SAIC-MG, Nio ou Geely voient leur part progresser rapidement, tirant profit d’innovations et de plateformes compétitives.

La stratégie passe par la division utilitaires Ford Pro, qui garde une position dominante avec une part de marché européenne supérieure à 17 % en 2025. Le succès du Transit Custom et du Transit témoigne d’une résilience qui aide Ford à financer ces pertes massives dans sa division électrique.

Tableau : Évolution des parts de marché Ford en Europe et performances par segment (2014-2025)

Année Part de marché Ford en Europe (%) Ventes Ford France (unités) Part de marché Ford France (%) Ventes USA (unités)
2014 7,4 Non disponible Non disponible Non disponible
2024 ~4,2 (estimation) Non disponible Non disponible Non disponible
2025 3,5 26 605 (1er semestre) 2,43 2 204 124 (+6 %)

Cette analyse démontre que la chute libre de Ford en Europe résulte d’un ensemble complexe mêlant bouleversements industriels, stratégie d’électrification coûteuse, et une concurrence devenue redoutable. Malgré cela, le constructeur américain affiche une ambition renouvelée fondée sur des partenariats solides. Pour le consommateur et les amateurs de la marque, 2026 s’annonce comme une année charnière susceptible de changer profondément la donne dans le marché automobile européen.